“La personne de chacun, dans ses besoins matériels et spirituels, est au centre de l’enseignement de Jésus : c’est pour cela que la promotion de la personne humaine est le but de l’école catholique”.

Chaque établissement a ses propositions propres mais le service pastoral de la DIDEC a vocation à encourager, à accompagner les chefs d’établissements et leurs équipes, à proposer une présence encourageante, des outils ajustés à chacun en fidélité aux orientations nationales et diocésaines, des moyens de ressourcement et de formation, à vivre des temps de prière et de célébration, de faire vivre un réseau de personnes passionnées par leur mission éducative auprès des jeunes au nom du Christ.

L’organisation des DIDEC en inter-diocèses veut permettre des moments communs à tous tout en vivant selon les orientations particulières à chacun des diocèses.

Au service des établissements, trois adjoints aux directeurs inter-diocésains sont là pour accompagner ceux-ci dans la mission pastorale qu’ils ont reçue des Évêques. Ils sont en effet garants auprès d’eux de la réalité du caractère propre des établissements : il est donc nécessaire que la visibilité chrétienne soit réellement manifestée et vécue.

C’est l’enjeu et le défi que nous avons à vivre en fidélité, enthousiasme et dynamisme.

L’organigramme :

Archevêque de Reims : Monseigneur Éric DE MOULINS-BEAUFORT – 3, rue du Cardinal de Lorraine – BP 2729 – 51058 Reims Cedex – Tél. : 03.26.47.05.33.

Évêque auxiliaire : Monseigneur Bruno FEILLET

Évêque de Châlons-en-Champagne : Monseigneur François TOUVET – 20, rue Abbé Pierre Gillet – 51038 Châlons-en-Champagne – Tél. : 03.26.68.07.03.

Directeur Interdiocésain : Monsieur Loïc Tanvez – 2, rue Edouard Branly – 51500 Taissy – Tél. : 03.26.88.70.80.

Adjoint en Pastorale : Monsieur Jean Christophe Bobin – 2 rue Edouard Branly- 51500 Taissy- Tel : 06.59.81.74.50. jc-bobin@educatho.fr

Animation pastorale

Quatre axes de l'animation pastorale (L'APS, CNEC, 9/11/2007)

1 – Faire de l’école un lieu d’éducation animé par l’esprit évangélique

C’est au cœur même de sa mission d’enseignement et d’éducation que l’établissement catholique accomplit sa mission d’Église. «Pour comprendre l’École Catholique dans sa mission spécifique, il convient de prendre comme point de départ une réflexion générale sur l’institution scolaire et de rappeler qu’elle ne peut être école catholique si elle n’est pas d’abord école et ne présente pas les éléments déterminants d’une école».

«On ne peut pas ignorer que l’école instruit pour éduquer, c’est-à-dire pour permettre à l’homme de s’épanouir, pour le libérer des conditionnements qui pourraient l’empêcher de vivre en homme autonome et responsable. C’est pour cela qu’elle doit explicitement se fonder sur un projet éducatif qui tende à la promotion totale de la personne».

«Le caractère ecclésial de l’école est donc inscrit au cœur même de son identité d’institution scolaire. Elle est vraiment sujet ecclésial en raison de son action scolaire où “fusionnent harmonieusement la foi, la culture, la vie”».

2 – Offrir à tous et à chacun la possibilité de découvrir le Christ

«L’ouverture à tous» de l’établissement catholique doit se conjuguer avec la capacité de l’établissement à faire retentir la Bonne Nouvelle de l’Évangile, en lien avec un vécu qui s’y ressource. Le Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France, élaboré par la Conférence des évêques de France, souligne la place importante des divers lieux de vie, et en particulier l’enseignement catholique, dans la «première annonce». «Une première annonce donne à entendre ce qui fait vivre les croyants, selon la pédagogie même du Christ qui sans cesse s’approche, rencontre, cherche la relation, appelle à la conversion et à la foi».

L’école catholique est un lieu où une «première annonce» de l’Évangile doit être explicitement adressée à tous, dans le respect des convictions de chacun, et sans préjuger de la réponse. Cette première annonce exige la présence de jeunes et d’adultes qui vivent de l’Évangile et acceptent de témoigner de leur foi.

3 – Mettre à la disposition de tous ceux qui le désirent les moyens adaptés pour grandir dans la foi

Un établissement scolaire ne peut certes pas répondre à tous les besoins spirituels et religieux. Néanmoins, chaque communauté éducative se doit de rechercher et de repérer les différents besoins : catéchèse organisée, demandes sacramentelles, célébration eucharistique, groupe de lecture d’Évangile, temps forts communautaires occasionnels, groupe de travail sur l’enseignement social de l’Église, actions caritatives, etc. En lien avec les orientations diocésaines, et – dans le cas des établissements congréganistes – avec les orientations ou initiatives du réseau congréganiste, elle y répond :

  • en organisant au sein de l’établissement des propositions variées de formation chrétienne pour répondre à la diversité des publics et des attentes ;
  • en indiquant dans l’établissement et en orientant vers les possibilités qu’offrent les autres services et mouvements d’Église ; – en élaborant, chaque fois que cela est possible, des propositions communes avec ceux-ci.

4 – Insérer l’établissement catholique et ses activités dans la vie de l’Église locale

L’établissement scolaire n’est pas une unité indépendante de l’Église locale ; il participe de la communauté chrétienne paroissiale et diocésaine. C’est pourquoi il importe que les activités pastorales organisées au sein de l’établissement le soient toujours en lien étroit avec l’Église locale.

Cela est particulièrement nécessaire lorsqu’il s’agit de la catéchèse organisée, du catéchuménat et des demandes sacramentelles. De plus, l’information donnée par l’établissement sur les propositions paroissiales, diocésaines ou autres, et le développement d’activités communes manifestent concrètement la communion ecclésiale.

Questions SGEC mars 2018

Cinq questions (mars 2018) :

1 – Comment faire «autrement» de la pastorale scolaire aujourd’hui, en fidélité à la mission reçue, et en prenant en compte les nouvelles réalités de notre société et de la vie des jeunes ?

2 –  Comment « faire de l’école une pastorale», et pas seulement «faire de la pastorale scolaire» dans ce contexte ?

3 –  Comment déployer davantage l’ensemble du processus d’évangélisation dans nos établissements, sans cantonner celui-ci uniquement dans la pastorale catéchétique et sacramentelle ?

4 –  Avec quels «acteurs» nouveaux pour enrichir et compléter les APS ? Dans quels champs ? Pour quoi faire ?

5 –  Quelles seraient vos idées pour sortir le «A» de «APS» de l’ambiguïté «animateur/adjoint», si vous pensez qu’il faut sortir de cette ambiguïté ? Quelles nouvelles dénominations proposer le cas échéant ?

Les langages de la pastorale

Nous nous apercevons parfois qu’entre le langage ecclésial et celui des jeunes il existe une distance assez difficile à combler, même si les expériences de rencontre féconde entre les sensibilités des jeunes et les propositions de l’Église dans le domaine biblique, liturgique, artistique, catéchétique et médiatique ne manquent pas. Nous rêvons d’une Église qui sache laisser de la place au monde de la jeunesse et à ses langages, en appréciant et en valorisant sa créativité et ses talents.

 Nous reconnaissons en particulier dans le sport une ressource éducative proposant de grandes opportunités et dans la musique et les autres expressions artistiques un langage expressif privilégié qui accompagne le développement des jeunes.

L’éducation et les parcours d’évangélisation.

Dans l’action pastorale avec les jeunes, où il faut initier des processus plutôt que de posséder des espaces, nous découvrons avant tout l’importance de servir la croissance humaine de chacun et l’importance des instruments pédagogiques et de formation qui peuvent la soutenir. Entre évangélisation et éducation, nous percevons un lien génétique fécond qui, dans la réalité contemporaine, doit tenir compte de la progressivité des parcours de maturation de la liberté. 

Par rapport au passé, nous devons nous habituer à des parcours d’approche de la foi toujours moins standardisés et plus attentifs aux caractéristiques personnelles de chacun : à côté de ceux qui continuent de suivre les étapes traditionnelles de l’initiation chrétienne, beaucoup arrivent à la rencontre avec le Seigneur et avec la communauté des croyants par une autre voie et à un âge plus avancé, par exemple en partant d’un engagement pour la justice ou de la rencontre, dans des milieux extra-ecclésiaux, avec quelqu’un capable d’être un témoin crédible. Le défi pour les communautés est d’apparaître accueillantes pour tous, en suivant Jésus qui savait parler aux Juifs comme aux Samaritains, aux païens de culture grecque comme aux occupants romains, en saisissant le désir profond de chacun d’eux.

Document préparatoire synode des jeunes 2018

Saint Luc 24, 13-35

Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. Jésus leur dit : «De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ?» Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.

L’un des deux, nommé Cléophas, répondit : «Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci». Il leur dit : «Quels événements ?» Ils lui répondirent : «Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Et nous qui espérions qu’il serait le libérateur d’Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, et elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu’elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu». Il leur dit alors : «Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ?» Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : «Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse». Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Alors ils se dirent l’un à l’autre : «Notre coeur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ?» À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : «C’est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre». À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment ils l’avaient reconnu quand il avait rompu le pain.

L’ITINÉRAIRE DES DISCIPLES D’EMMAÜS

L’itinéraire de Jésus avec les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs est un modèle pour l’évangélisation aujourd’hui. Dans ce chemin d’Emmaüs, il y a un itinéraire commun où évangélisateur et évangélisés vivent ensemble un dialogue et une découverte dynamiques. Ce dialogue est dynamique parce qu’il a lieu «en chemin» dans l’action : dans la rue, dans les carrefours, dans les conversations informelles, dans des moments inattendus, dans l’autobus, à la porte des maisons. Dans ce chemin, nous rencontrons l’autre et nous l’accueillons avec le cœur du Ressuscité. Ce dynamisme se manifeste par la présence, élément typique d’une action pastorale.

«Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux» (Lc 24,13-15)

Avec Jésus, tout commence par un geste de rapprochement vers les disciples attristés ; il respecte ce moment personnel et de groupe (communauté) qu’ils sont en train de vivre. C’est ce que nous appelons  «inculturation» : entrer dans la réalité de l’autre. Cheminer aux côtés de la personne, là où elle est ; prendre en compte ses problèmes personnels et les moments historiques vécus par les groupes et les communautés. Nous partons du vécu concret pour nous y insérer, nous faisons de l’évangélisation un processus vital qui ne se réalise pas seulement à l’église , mais dans les actes de la vie quotidienne et dans la relation fraternelle.

Les disciples voient Jésus, «mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître» (v. 16-17)

Jésus respecte le moment d’aveuglement que vivent les disciples. Il ne leur reproche pas de ne pas l’avoir reconnu. Au contraire, il manifeste l’humanité de sa pédagogie : il écoute, il interroge et partage. Peu importe leur vision des faits, mais il les écoute pour comprendre ce qu’ils vivent. Jésus nous enseigne que la rencontre avec l’autre est dialogue, écoute de ses interlocuteurs, attention à ce qu’ils vivent. Ce n’est pas une pédagogie de réponses préparées d’avance ni de réponses prédéfinies. Le processus d’inculturation continue, il prend en compte les besoins des personnes qui vivent dans tel ou tel contexte. Ainsi, les jeunes se sentent accueillis et sont capables d’accueillir les autres, de manière authentique.

Ils lui racontèrent tout ce qui était arrivé (v. 18-24)

Les disciples trouvent avec ce voyageur proche d’eux un espace où ils peuvent s’exprimer, ouvrir leur cœur et parler de leur expérience sans peur, ni préjugés. Quand un jeune arrive à raconter sa vie et son expérience, y compris ce qu’elle a de douloureux ou de décevant, quelque chose se consolide à l’intérieur. La pastorale est appelée à être un espace où les jeunes peuvent s’exprimer librement et en toute confiance.

Jésus leur expliqua dans toutes les Écritures, les passages qui le concernaient, en commençant par Moïse, puis par tous les prophètes (v. 25-27)

Après avoir écouté de la bouche des disciples ce qu’ils vivaient, les difficultés où ils se trouvent, les douleurs qu’ils portent en leur cœur, Jésus éclaire la situation par la Parole de Dieu. Il cherche dans les Écritures un éclaircissement de la réalité auquel aucun des deux disciples n’avaient accès. Jésus nous enseigne qu’évangéliser est beaucoup plus que répéter des phrases de la Bible. L’annonce devient Bonne Nouvelle quand elle répond aux aspirations et aux angoisses des personnes. Et elle est Parole de Vie quand elle alimente l’espérance et donne du sens au moment historique que ces personnes vivent, avec leurs problèmes, leurs contradictions, leurs crises et leurs possibilités.

«Reste avec nous, car le soir approche et le jour est sur son déclin» (v. 28-29)

L’adhésion des jeunes naît d’une foi qui cherche, une foi que l’on connaît petit à petit et que l’on expérimente au long de la propre histoire personnelle. Sans la proximité et le temps didactique, on n’arrive pas au «temps politique». La mission chrétienne est un service pour la vie et donc, celui qui est disposé à suivre Jésus s’engage pour le bien de l’autre. De là l’attitude préoccupée des deux disciples : «Reste avec nous, parce que le soir approche et déjà le jour est à son déclin». De la convivialité avec l’autre naît la préoccupation pour sa vie et le désir de sa promotion humaine. La pastorale est une véritable «expérience de proximité» où le cœur peut brûler et désirer la rencontre profonde avec Jésus et avec les compagnons de route.

«Jésus prit le pain et après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent …» (v. 30-31)

Les disciples s’assoient avec Jésus pour célébrer et partager le pain ; la communauté fait la fête pour célébrer la vie et la joie d’être ensemble. Dans cet espace, tant l’évangélisateur que l’évangélisé partagent ensemble le pain. En cet instant, les yeux du corps ne voient pas le Seigneur. Mais les yeux du cœur le perçoivent et le reconnaissent. Le Christ n’est pas «en dehors», mais dans le «cœur», qui maintenant est brûlant ; ils s’assoient à la même table, partagent le pain et reconnaissent la présence de Jésus au milieu d’eux. Ainsi, la Pastorale est une occasion privilégiée de célébrer ce Dieu qui est dans la vie bien que parfois il soit apparemment invisible.

«Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?» (v. 32)

Toutes les expériences vécues dans les groupes de jeunes favorisent une meilleure connaissance et donnent un sens nouveau aux réalités vécues. Non seulement «notre cœur brûlait», mais «nous savions que c’était lui». Dans l’expérience qui touche l’âme, il faut découvrir un sentiment que nous pouvons faire nôtre et qui est capable de transformer la vie et les attitudes. Les jeunes comprennent et interprètent les signes de Dieu dans la vie et dans l’histoire en partageant vie, connaissances, socialisation, vécu de la spiritualité et de la construction citoyenne. Ces signes orientent vers un projet de vie. Et à la lumière de cette nouvelle ardeur « récemment découverte », ils comprennent et interprètent le chemin parcouru. La réalité de toujours prend un nouveau sens, car Jésus y est présent, il encourage les jeunes et marche à leur côté.

«Sans attendre, ils retournèrent à Jérusalem» (v. 33-35)

Se mettre à la suite de Jésus c’est répondre à un appel personnel. C’est l’élément qui différencie la pédagogie de Jésus et qui peut aussi marquer une différence dans la mission pastorale que nous assumons et dans l’accompagnement des personnes avec qui nous nous disposons à entreprendre le chemin. Qui évangélise avec une ardeur nouvelle, qui évangélise avec un cœur de disciple, agit avec l’efficacité qui vient de l’Esprit. Le  «moment missionnaire» inaugure un cycle nouveau, dans lequel les jeunes partagent, reprennent la route. Dans la pastorale, les jeunes peuvent faire cette expérience d’intimité avec Jésus et avec la petite communauté qui leur permet de s’insérer dans la communauté plus grande qu’est l’Église, et de se sentir appelés à construire et à célébrer comme témoins d’une expérience qui a touché leur âme, et non seulement comme de simples participants passifs.

Interpréter la réalité.  Le moment d’analyser ce qui a été observé, à la lumière de la foi, des sciences, de la Parole de Dieu et de l’enseignement de l’Église pour arriver à découvrir ce qui aide ou empêche les personnes de vivre comme frères et construire la civilisation de l’amour. C’est faire un arrêt dans le chemin d’identification des éléments qui favorisent ou gênent la croissance et la consolidation des horizons rêvés par le groupe ou le jeune.

Agir. Après «voir» et «juger» les faits à partir de la réalité, des sciences et de la Parole de Dieu, arrive l’heure de percevoir ce que l’on peut faire pour résoudre les problèmes ou comment nous pouvons améliorer notre chemin collectif, en accord avec les valeurs du Royaume. «Agir» nous pousse à devenir des agents de transformation, des acteurs, en faisant de notre vie un témoignage de foi et d’espérance en Jésus-Christ,  en collaborant activement à la construction de la civilisation de l’amour». 

Réviser. Chaque étape doit être évaluée, elle doit prendre conscience du présent, se souvenir du passé et projeter l’avenir. L’évaluation doit évaluer  tous les succès, y compris les plus petits. Il s’agit d’apprendre de nos erreurs et de s’appuyer sur nos progrès, en les observant avec un regard et une attitude d’espérance. Tout cela se concrétisera dans une nouvelle programmation. 

Célébrer. C’est reconnaître la grâce du Dieu de la vie à chaque moment et en chaque personne qui intègre le groupe. La célébration rend possible l’intégration de la foi et de la vie, en célébrant les conquêtes, les pertes, les angoisses, les peurs et les espérances. Les formes de célébration diffèrent selon le moment, les milieux et la culture, mais elles doivent être chargées de sens, inculturée et en contact avec le quotidien du jeune. La Pastorale est appelée à cultiver une spiritualité prophétique, authentique,  incarnée dans l’histoire et inspirée de la pédagogie de Jésus. Dans cet esprit, nous célébrons les événements et la vie, à la lumière de la foi. La célébration des sacrements, dans la vie du jeune, est un signe efficace de l’action libératrice de Dieu. Nous éduquons cette sensibilité en nous aidant à reconnaître l’action de l’Esprit Saint dans l’Église, la présence vivante de Jésus dans l’histoire, l’amour et la grâce de Dieu qui nous accompagnent dans notre vie.

Dans l’Eucharistie, les jeunes et tout le peuple de Dieu rappellent le mystère pascal et y communient en célébrant la vie, la passion, la mort et la résurrection du Christ, renouvelant ainsi l’espérance et la foi chrétiennes. L’autel est le  lieu de rencontre privilégié avec le Christ ressuscité signe de l’institution de la communauté. Notre foi naît de l’expérience du pain partagé. L’eucharistie nous encourage à nous mettre en chemin et à partager la mission, en nous humanisant et en humanisant la réalité.

Une Catéchèse Pascale :

Situation de mort, de peine, de souffrance

1/ Approche d’un amour désintéressé

2/ Remise debout

3/ Nomination du Christ

4/ Possible reconnaissance dans la foi

Guérison de dix lépreux (Luc 17.11-19)

11 – Alors qu’il se rendait à Jérusalem, Jésus passa entre la Samarie et la Galilée.

12 – Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils se tinrent à distance
13 – Et se mirent à lui dire: «Jésus, maître, aie pitié de nous!»
14 – Lorsqu’il les vit, Jésus leur dit : «Allez vous montrer aux prêtres». Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris.
15 – L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas en rendant gloire à Dieu à haute voix.
16 – Il tomba le visage contre terre aux pieds de Jésus et le remercia. C’était un Samaritain.
17 – Jésus prit la parole et dit : «Les dix n’ont-ils pas été guéris» ? Et les neuf autres, où sont-ils ?
18 – Ne s’est-il trouvé que cet étranger pour revenir et rendre gloire à Dieu»?
19 – Puis il lui dit : «Lève-toi, vas-y, ta foi t’a sauvé».

EXHORTATION APOSTOLIQUE POST-SYNODALE

CHRISTUS VIVIT

DU SAINT-PÈRE
FRANÇOIS

AUX JEUNES ET À TOUT LE PEUPLE DE DIEU

La pastorale des institutions éducatives

221. L’école est sans aucun doute une plate-forme pour s’approcher des enfants et des jeunes. Elle est le lieu privilégié de promotion de la personne, et c’est pourquoi la communauté chrétienne a toujours eu une grande attention envers elle, soit en formant des enseignants et des responsables, soit en instaurant ses propres écoles, de tous les degrés. Dans ce domaine, l’Esprit a suscité d’innombrables charismes et témoignages de sainteté. Cependant l’école a besoin d’une autocritique urgente, si nous constatons les résultats de la pastorale de beaucoup d’entre elles, une pastorale centrée sur l’instruction religieuse qui est souvent incapable de susciter des expériences de foi durables. De plus, certains collèges catholiques semblent être organisés seulement pour leur préservation. La phobie du changement fait qu’ils ne peuvent pas tolérer l’incertitude et qu’ils se replient face aux risques, réels ou imaginaires, que tout changement entraîne. L’école transformée en “bunker” qui protège des erreurs “de l’extérieur”, est l’expression caricaturale de cette tendance. Cette image reflète d’une manière choquante ce que beaucoup de jeunes éprouvent à la sortie de certains établissements éducatifs : une inadéquation insurmontable entre ce qu’ils ont appris et le monde dans lequel ils doivent vivre. Même les propositions religieuses et morales qu’ils ont reçues ne les ont pas préparés à les confronter avec un monde qui les ridiculise, et ils n’ont pas appris comment prier et vivre leur foi d’une manière qui puisse être facilement soutenue au milieu du rythme de cette société. En réalité, une des plus grandes joies d’un éducateur est de voir un étudiant se constituer lui-même comme une personne forte, intégrée, protagoniste et capable de donner.

222. L’école catholique reste essentielle comme espace pour l’évangélisation des jeunes. Il est important de prendre en compte certains critères inspirateurs, signalés dans Veritatisgaudium, en vue d’un renouvellement et d’une relance des écoles et des universités “en sortie” missionnaire, tels que: l’expérience du kérygme, le dialogue dans tous les domaines, l’interdisciplinarité et la transdisciplinarité, le développement de la culture de la rencontre, la nécessité urgente de “faire réseau” et l’option pour les derniers, pour ceux que la société exclut et rejette.[116] Également est importante la capacité à intégrer les savoirs de la tête, du cœur et des mains.

223. D’autre part, nous ne pouvons pas séparer la formation spirituelle de la formation culturelle. L’Église a toujours voulu développer pour les jeunes des espaces pour une meilleure culture. Elle ne doit pas renoncer à le faire parce que les jeunes y ont droit. Et «aujourd’hui en particulier, le droit à la culture signifie protéger la sagesse, c’est-à-dire un savoir humain et humanisant. On est trop souvent conditionné par des modèles de vie banals et éphémères, qui poussent à courir après le succès à bas prix, discréditant le sacrifice, inculquant l’idée qu’étudier ne sert à rien si cela n’apporte pas tout de suite quelque chose de concret. Non, l’étude sert à se poser des questions, à ne pas se faire anesthésier par la banalité, à chercher un sens dans la vie. Il faut réclamer le droit à ne pas faire prévaloir les nombreuses sirènes qui, aujourd’hui, détournent de cette recherche. Ulysse, pour ne pas céder au chant des sirènes qui envoûtaient les marins et les faisait se fracasser contre les rochers, s’attacha au mât du navire et boucha les oreilles de ses compagnons de voyage. En revanche, Orphée, pour faire obstacle au chant des sirènes, fit autre chose : il entonna une mélodie plus belle, qui enchanta les sirènes. Voilà votre grand devoir : répondre aux refrains paralysants du consumérisme culturel par des choix dynamiques et forts, avec la recherche, la connaissance et le partage».[117]

Différents domaines pour le développement pastoral

224. Beaucoup de jeunes sont capables d’apprendre à aimer le silence et l’intimité avec Dieu. Des groupes qui se réunissent pour adorer le Saint Sacrement ou pour prier avec la Parole de Dieu se sont également développés. Il ne faut pas sous-estimer les jeunes comme s’ils étaient incapables de s’ouvrir à des propositions contemplatives. Il faut seulement trouver les styles et les modalités appropriés pour les aider à s’initier à cette expérience de si grande valeur. En ce qui concerne les domaines du culte et de la prière, «dans divers contextes, les jeunes catholiques demandent des propositions de prière et des moments sacramentels capables de saisir leur vie quotidienne, dans une liturgie fraîche, authentique et joyeuse».[118] Il est important de mettre à profit les temps les plus forts de l’année liturgique, en particulier la Semaine Sainte, la Pentecôte et Noël. Ils aiment aussi d’autres rencontres festives, qui cassent la routine et les aident à faire l’expérience de la joie de la foi.

225. Une opportunité unique pour la croissance et aussi pour l’ouverture au don divin de la foi et de la charité est le service : beaucoup de jeunes se sentent attirés par la possibilité d’aider les autres, en particulier les enfants et les pauvres. Souvent ce service est le premier pas pour découvrir ou redécouvrir la vie chrétienne et ecclésiale. Beaucoup de jeunes se lassent de nos itinéraires de formation doctrinale, et même spirituelle, et parfois ils réclament la possibilité d’être davantage protagonistes dans des activités où ils font quelque chose pour les gens.

226. Nous ne pouvons pas oublier les expressions artistiques telles que le théâtre, la peinture, etc. «L’importance de la musique est tout à fait particulière ; elle représente un véritable environnement où les jeunes sont constamment plongés, comme une culture et un langage capables de susciter des émotions et de modeler une identité. Le langage musical représente aussi une ressource pastorale qui interpelle en particulier la liturgie et son renouveau».[119] Le chant peut être un stimulant important pour le cheminement des jeunes. Saint Augustin disait : “Chante, mais avance ; allège ton travail en chantant, n’aime pas la paresse : chante et avance […] Toi, si tu avances, marche ; mais avance dans le bien, dans la foi droite, dans les bonnes œuvres : chante et marche ”.[120]

227. «L’importance de la pratique sportive parmi les jeunes est tout aussi significative. L’Église ne doit pas sous-évaluer ses potentialités dans une optique d’éducation et de formation, en conservant une présence affirmée en son sein. Le monde du sport a besoin d’être aidé à surmonter les ambiguïtés qui en font partie, comme la mythisation des champions, l’asservissement à des logiques commerciales et l’idéologie du succès à tout prix».[121] À la base de l’expérience sportive il y a «la joie : la joie de bouger, la joie d’être ensemble, la joie pour la vie et les dons que le Créateur nous fait chaque jour».[122] D’autre part, certains Pères de l’Église ont pris l’exemple des pratiques sportives pour inviter les jeunes à grandir en force et à dominer la somnolence ou le confort. Saint Basile le Grand, s’adressant aux jeunes, prenait l’exemple de l’effort exigé par le sport et leur enseignait ainsi la capacité à se sacrifier pour grandir dans les vertus : «Après des milliers et des milliers de souffrances et avoir augmenté leurs forces par de nombreuses méthodes, après avoir beaucoup transpiré dans des exercices de gymnastique fatigants […] enfin, pour ne pas entrer dans les détails, après avoir mené une existence telle que leur vie avant la compétition n’est qu’une préparation à cela, […] ils donnent toutes leurs ressources physique et psychiques pour gagner une couronne […]. Et nous, qui avons devant nous des récompenses de la vie, tellement admirables en nombre et en grandeur qu’il est impossible de les définir avec des mots, nous viendrions les recevoir, en dormant à poings fermés et en vivant sans prendre de risques ?».[123]

228. Chez de nombreux jeunes et adolescents, le rapport à la création éveille une attraction spéciale, et ils sont sensibles à la protection de l’environnement, comme c’est le cas avec les Scouts et d’autres groupes qui organisent des journées de contact avec la nature, des camps, des randonnées, des expéditions et des campagnes pour l’environnement. Dans l’esprit de saint François d’Assise, ce sont des expériences qui peuvent représenter un chemin d’initiation à l’école de la fraternité universelle, et à la prière contemplative.

229. Ces possibilités et diverses autres qui s’offrent à l’évangélisation des jeunes, ne devraient pas nous faire oublier, qu’au-delà des changements de l’histoire et de la sensibilité des jeunes, il y a les dons de Dieu qui sont toujours actuels, et qui contiennent une force qui transcende toutes les époques et toutes les circonstances : la Parole du Seigneur toujours vivante et efficace, la présence du Christ dans l’Eucharistie qui nous nourrit, et le Sacrement du pardon qui nous libère et nous fortifie. Nous pouvons également mentionner l’inépuisable richesse spirituelle que l’Église conserve dans le témoignage de ses saints et dans l’enseignement des grands maîtres spirituels. Bien que nous ayons à respecter différentes étapes, et parfois que nous devions attendre patiemment le moment favorable, nous ne pourrons pas cesser d’offrir aux jeunes ces sources de vie nouvelle, nous n’avons pas le droit de les priver de tant de bien.

Annoncer

Célébrer

Servir

Dimensions : prophétique, sacerdotale et royale du baptême

Annoncer
Dimension prophétique du baptême

Processus de cheminement

3 temps : Approche ; accroche et cheminement cf disciples d’Emmaüs

Célébrer :
Dimension sacerdotale du baptême

Célébrer la vie, célébrer le Salut :

– Articuler la vie de  la communauté éducative et célébration du Salut.

Un moteur à quatre temps :

  • Le temps de l’accueil : on s’arrête pour se rassembler et dire ainsi que nous appartenons à un même corps
  • Le temps de la parole : on lit une parole qui vient éclairer notre agir pour continuer d’avancer
  • Le temps du geste, du signe : pour marquer notre communion, notre appartenance et ainsi témoigner de ce que nous croyons
  • Le temps de clôture, de l’envoi : pour repartir vers les autres et continuer de vivre.

Servir :
Dimension royale du baptême

Éducation au développement :

Éduquer au développement intégral de la personne dans une vision chrétienne de l’homme et de la Création. Cf doc EDU SGEC – 15 mars 2013

5 dimensions interdépendantes :

1/ Dimension sociale :  pour prendre en compte les droits et les devoirs au niveau de l’éducation de la formation, de la santé, de l’alimentation, de l’habitat, de l’information et de l’emploi.

2/ La dimension culturelle : le respect des libertés et de la diversité, de l’identité culturelle et des patrimoines locaux et mondiaux.

3/ Dimension économique : finances, matières premières, commerce, de l’énergie, de l’agriculture et de l’industrie, sécurité alimentaire, les modes e production durables, le renforcement du tissu économique local.

4/ Dimension environnementale : Au-delà de l’écologie prise en compte des ressources naturelles, des écosystèmes locaux, de la biodiversité, de la réduction de l’empreinte écologique, l’impact de l’homme sur son milieu de vie.

5/ Dimension spirituelle : inviter au changement de regard et de posture. La question du sens de l’histoire du présent et du futur et de la relation à l’autre verticale et horizontale.

Ces différentes dimensions reposent sur la volonté de :

            –  vivre ensemble ;

            – la démocratie participative ;

            –  la solidarité entre les peuples ;

            – Maitrise et respect de la Création ;

            –  Une coopération entre les générations entre l’homme et la Création ;

Des objectifs :

            – Vivre la solidarité ici et là-  bas ;

            – Éduquer à la paix ;

            – Vivre autrement la mondialisation ;

            – Être responsable du monde et de son développement ;

Des besoins :

            – La mobilisation de l’ensemble.

            – L’engagement de tous.

            – La cohérence entre le dire et le faire.

            – La progressivité : démarche adaptée et progressive.

            – Une démarche pédagogique pertinente et cohérente.

©2020 - Établissements catholiques d'enseignement de Champagne-Ardennes

Nous contacter

Laissez-nous un message !

En cours d’envoi

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?